L'homme qui a donné une voix libre aux travailleurs congolais.
L'histoire de l'Organisation des Travailleurs Unis du Congo est profondément liée au parcours de son fondateur, Blaise-Pascal Bwensa dia Malosa — parfois orthographié Buensa dia Malosa — figure emblématique du syndicalisme congolais et défenseur engagé des droits des travailleurs.
Très jeune déjà, il développe un intérêt particulier pour les réalités sociales vécues par les travailleurs congolais. À une époque où plusieurs employés faisaient face à des conditions de travail difficiles, des salaires insuffisants et un manque de représentation efficace, il choisit de s'engager dans la lutte syndicale afin de porter leur voix et défendre leurs intérêts.
Avant l'OTUC — Les années UNTZA
Avant la création de l'OTUC, Blaise-Pascal Bwensa dia Malosa évolue au sein de l'UNTZA (Union Nationale des Travailleurs du Zaïre), principale structure syndicale de l'époque sous le régime du parti-État. Grâce à son sens de l'organisation, son leadership et sa proximité avec les travailleurs, il y occupe le poste de Secrétaire adjoint.
Il fait alors partie des jeunes cadres syndicalistes qui veulent moderniser le syndicalisme congolais et le rendre moins dépendant du pouvoir politique. Durant cette période, il participe activement à :
- l'encadrement des travailleurs
- l'organisation et la mobilisation syndicale
- la sensibilisation sur les droits sociaux
- la défense des employés dans les entreprises publiques et privées
La naissance de l'OTUC
Animé par une vision moderne et indépendante du syndicalisme, et porté par l'ouverture au pluralisme syndical annoncée par le régime de Mobutu Sese Seko, il décide avec d'autres militants — parmi lesquels Mwimba et Mosse Vera — de quitter l'ancien système pour fonder une nouvelle organisation.
Le 15 août 1990 naît officiellement l'Organisation des Travailleurs Unis du Congo (OTUC). Selon Blaise Bwensa lui-même, il n'avait que 21 ans.
Sa vision syndicale
Pour Blaise-Pascal Bwensa dia Malosa, le syndicalisme ne devait pas être un simple outil de contestation, mais avant tout un moyen d'encadrement, de protection et de défense des intérêts sociaux et professionnels des travailleurs. Sa philosophie tenait dans une formule devenue célèbre :
« Négocier encore et toujours, avant la grève. »
Il voulait construire une structure syndicale indépendante, démocratique, accessible à tous et proche du terrain — où chaque travailleur aurait droit à de bonnes conditions de travail, un salaire digne, la sécurité sociale, le respect de sa dignité et la liberté d'expression syndicale.
Un bâtisseur, un formateur, un mobilisateur
Sous son leadership, l'OTUC connaît une croissance importante et devient progressivement l'une des plus grandes confédérations syndicales de la République Démocratique du Congo. L'organisation s'implante dans plusieurs provinces et intervient dans de nombreux secteurs :
Au-delà de la mobilisation, il accorde une place centrale à la formation : sessions de renforcement des capacités, encadrement des délégués syndicaux, accompagnement des permanents et préparation d'une nouvelle génération de leaders. Il encourage également la participation des femmes et l'engagement de la jeunesse dans la vie syndicale.
L'OTUC contribue aux discussions ayant fait évoluer le Code du travail et les mécanismes des tribunaux du travail, et tisse des relations de coopération avec plusieurs organisations syndicales africaines et internationales.
Un héritage qui inspire encore
Aujourd'hui, Blaise-Pascal Bwensa dia Malosa est reconnu comme un pionnier du pluralisme syndical, un homme de conviction, de dialogue et de mobilisation sociale. Son parcours continue d'inspirer de nombreux travailleurs, syndicalistes et jeunes leaders engagés pour la justice sociale et le développement du monde professionnel en République Démocratique du Congo.



