L'homme qui a donné une voix libre aux travailleurs congolais.
L'histoire de l'Organisation des Travailleurs Unis du Congo est profondément liée au parcours de son fondateur, Blaise Dia-Malosa Bwensa — figure emblématique du syndicalisme congolais et défenseur engagé des droits des travailleurs.
Très jeune déjà, il développe un intérêt particulier pour les réalités sociales vécues par les travailleurs congolais. À une époque où plusieurs employés faisaient face à des conditions de travail difficiles, des salaires insuffisants et un manque de représentation efficace, il choisit de s'engager dans la lutte syndicale afin de porter leur voix et défendre leurs intérêts.
L'homme qui a donné voix libre aux travailleurs congolais.
Avant l'OTUC : Le parcours syndical au sein de l'UTC
Avant la création de l'OTUC, Blaise Dia-Malosa Bwensa a évolué au sein de l'UTC (Union des Travailleurs Congolais), où il a forgé ses premières expériences et compétences syndicales.
1961 : Il devient militant actif à l'UTC.
1962-1963 : Il est élu président du comité territorial de Kasangulu.
1er juillet 1963 : Il est engagé à l'UTC comme secrétaire fédéral interprofessionnel et est affecté à la fédération de Léopoldville (actuelle Kinshasa).
1966-1967 : Il est nommé secrétaire fédéral interprofessionnel et affecté à la fédération de Boma.
1967 : Blaise Dia-Malosa figure parmi les délégués syndicaux de l'UTC et compte parmi les cofondateurs de l'UNTZA, une étape majeure dans l'évolution du mouvement syndical congolais.
Cette expérience lui permettra, par la suite, de jouer un rôle déterminant dans le développement et le renforcement du syndicalisme en République démocratique du Congo.
Son évolution et sa carrière au sein de l'UNTZA
1967-1974 : Il occupe les fonctions d'instructeur syndical, affecté au département de l'éducation ouvrière.
1974-1981 : Il devient directeur de cabinet du secrétaire général de l'UNTZA. Au cours de cette période, trois secrétaires généraux se succèdent à la tête de l'organisation, avec lesquels il collabore étroitement.
1981-1990 : Il est nommé secrétaire général adjoint de l'UNTZA, chargé des relations professionnelles ainsi que de la formation des militants, des délégués syndicaux et des cadres de l'organisation. Il coordonne également les activités de l'Institut supérieur des sciences du travail (ISST), dirigé par un directeur général.
L'expérience acquise dans l'exercice de ces trois hautes fonctions est exceptionnelle et, sans exagération, le distingue de nombreux autres syndicalistes de son époque.
En qualité de secrétaire général adjoint, il conduit la délégation de l'UNTZA au Conseil national du travail et représente l'organisation au Comité hebdomadaire de conjoncture, placé sous la présidence du Premier Commissaire d'État.
Il est également membre de la délégation de l'UNTZA à la Conférence internationale du Travail, à Genève. Par ailleurs, il représente l'UNTZA lors de nombreuses autres rencontres et activités syndicales organisées en République démocratique du Congo, en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et aux États-Unis.
La création de l'OTUC
Le 24 avril 1990, le Président de la République du Zaïre annonce le retour au pluralisme politique et syndical. Cette décision marque une nouvelle étape dans l'histoire du mouvement syndical congolais, permettant la création de plusieurs organisations syndicales indépendantes.
À la suite de cette ouverture démocratique, de nombreux travailleurs ainsi que plusieurs membres de l'UNTZA adhèrent aux nouveaux syndicats qui voient le jour.
Fort de son riche parcours syndical et de son expertise acquise au fil des années, Blaise Dia-Malosa Bwensa décide de démissionner de l'UNTZA. Convaincu de la nécessité de mettre en place une organisation capable de mieux répondre aux aspirations des travailleurs, il fonde, le 15 août 1990, l'Organisation des Travailleurs Unis du Congo (OTUC).
Dans cette œuvre ambitieuse, il est accompagné notamment par les camarades Deny Mwimba et Camelle Masevela Luzayamo, qui contribuent activement à la mise en place et au développement de la nouvelle organisation.
Parmi les principaux bienfaiteurs de l'OTUC figure Monsieur Gilbert Kiakwama, dont le soutien a été déterminant durant les premières années d'existence du syndicat. Il met à la disposition de l'OTUC un local situé au centre-ville de Kinshasa afin de faciliter son fonctionnement.
Durant les neuf premiers mois, alors que les affiliés n'avaient pas encore commencé à verser leurs cotisations, Monsieur Gilbert Kiakwama prend entièrement en charge les frais de fonctionnement de l'OTUC ainsi que la rémunération de son personnel. Son appui a joué un rôle essentiel dans la consolidation et la pérennisation de cette jeune organisation syndicale.
Sa vision syndicale
Pour Blaise Dia-Malosa Bwensa, le syndicalisme ne devait pas être un simple outil de contestation, mais avant tout un moyen d'encadrement, de protection et de défense des intérêts sociaux et professionnels des travailleurs. Sa philosophie tenait dans une formule devenue célèbre :
《 Le dialogue Social 》
Il voulait construire une structure syndicale indépendante, démocratique, accessible à tous et proche du terrain — où chaque travailleur aurait droit à de bonnes conditions de travail, un salaire digne, la sécurité sociale, le respect de sa dignité et la liberté d'expression syndicale.
Un bâtisseur, un formateur, un mobilisateur
Sous son leadership, l'OTUC connaît une croissance importante et devient progressivement l'une des plus grandes confédérations syndicales de la République Démocratique du Congo. L'organisation s'implante dans plusieurs provinces et intervient dans les entreprises tous les secteurs :
_Formelles et informelles, du milieu urbains et de celui rurale.
_Pour la gestion les affiliés son regroupés en OT (Organisations de Travailleurs)
Au-delà de la mobilisation, il accorde une place centrale à la formation : sessions de renforcement des capacités, encadrement des délégués syndicaux, accompagnement des permanents et préparation d'une nouvelle génération de leaders. Il encourage également la participation des femmes et l'engagement de la jeunesse dans la vie syndicale.
L'OTUC contribue aux discussions ayant fait évoluer le Code du travail et les mécanismes des tribunaux du travail, et tisse des relations de coopération avec plusieurs organisations syndicales africaines et internationales.
Un héritage qui inspire encore
Aujourd'hui, Blaise Dia-Malosa Bwensa est reconnu comme un pionnier du pluralisme syndical, un homme de conviction, de dialogue et de mobilisation sociale. Son parcours continue d'inspirer de nombreux travailleurs, syndicalistes et jeunes leaders engagés pour la justice sociale et le développement du monde professionnel en République Démocratique du Congo.



